Le rôle de la neuropathie des petites fibres dans le diagnostic de la polyneuropathie diabétique

L’étude « Small fiber neuropathy: role in the diagnosis of diabetic sensorimotor polyneuropathy » (Malik et al., 2011) a été publiée au nom du Toronto Consensus Panel on Diabetic Neuropathy.

L’objectif de l’étude était de :

« déterminer si toute définition de la PDS [polyneuropathie diabétique sensorielle] devrait inclure une mesure de la NPF [neuropathie des petites fibres]. Les questions qui se posent avant de pouvoir adopter l’évaluation de la NPF pour diagnostiquer la PDS comprennent l’établissement non seulement de la reproductibilité, de la sensibilité, de la spécificité et de l’exactitude, mais aussi de la viabilité pratique de tout test proposé.

Aux fins de cet examen, nous examinerons les preuves disponibles pour les mesures établies et émergentes des « lésions des petites fibres » afin de diagnostiquer et de stratifier la gravité de la PDS. »


L’étude souligne la nécessité de se concentrer sur le dysfonctionnement des petites fibres ainsi que sur celui des grosses fibres, en déclarant :

« Malheureusement, les directives et les déclarations de consensus se concentrent sur les grosses fibres et continuent de préconiser l’électrophysiologie comme modalité de diagnostic et comme critère d’évaluation principal pour l’appréciation du bénéfice thérapeutique. (Cela reflète, en partie, les difficultés rencontrées pour quantifier le dysfonctionnement et les lésions des petites fibres.) Nous avons donc évalué de manière critique les techniques actuellement disponibles qui mesurent le dysfonctionnement des petites fibres dans la neuropathie diabétique, en utilisant des tests sensoriels et sudomoteurs quantitatifs. »

Les petites fibres constituent 70 à 90 % des nerfs périphériques et régulent des fonctions clés telles que le débit sanguin tissulaire, la température, la perception de la douleur et la sudation. Des études montrent des anomalies significatives des petites fibres chez les sujets présentant une intolérance au glucose et un diabète, malgré une électrophysiologie normale.

L’étude passe en revue un large éventail de techniques pour aider au diagnostic de la neuropathie des petites fibres. La gamme de techniques recommandée comprend les tests sudomoteurs, tels que ceux fournis par Neuropad®. Les techniques étudiées sont les suivantes :

  • La biopsie nerveuse, traditionnellement utilisée pour quantifier les anomalies de la neurophysiologie et pouvant également prédire le développement d’une future PDS précoce. Cependant, la biopsie nerveuse est une procédure invasive et hautement spécialisée qui nécessite une microscopie électronique avec une expertise considérable pour la quantification ; elle ne peut donc pas être préconisée pour une utilisation de routine afin de diagnostiquer une PDS précoce.
  • La biopsie cutanée, qui est moins invasive que la biopsie nerveuse. L’American Academy of Neurology, l’American Association of Neuromuscular and Electrodiagnostic Medicine et l’American Academy of Physical Medicine and Rehabilitation ont conclu que la biopsie cutanée peut être envisagée pour le diagnostic de la PDS.
  • Les tests sensoriels quantitatifs, évaluant les seuils thermiques comme la détection du chaud et du froid, ont déterminé que, bien qu’il existe des preuves que la détection du froid soit corrélée à la neuropathie chez les patients, il existe peu de preuves d’une corrélation pour les seuils de chaleur. La réponse réflexe de l’axone nerveux/réponse inflammatoire a suscité certaines réponses positives, mais des tests supplémentaires sont recommandés.

L’étude indique que la réponse sympathique cutanée (RSC) évalue le dysfonctionnement sudomoteur et donc des petites fibres. Il a été récemment démontré qu’elle prédit le risque d’ulcération du pied de manière comparable aux anomalies du score d’incapacité liée à la neuropathie (NDS) et de la perception des vibrations. Il a également été démontré qu’elle présente une sensibilité de 87,5 % et une spécificité de 88,2 % pour la détection de la neuropathie autonome diabétique.

L’étude conclut que :

  • L’évaluation des petites et des grosses fibres permet une détection plus précoce de la neuropathie diabétique avant l’apparition des symptômes et des dommages irréversibles.
  • La standardisation de l’inclusion de l’évaluation des petites fibres peut améliorer le diagnostic, le suivi et l’évaluation thérapeutique de la neuropathie diabétique.

Lien vers l’article original (article écrit en langue anglaise)

Small fiber neuropathy: role in the diagnosis of diabetic sensorimotor polyneuropathy